LIVRE – « Ikigami Préavis de mort » de Morotô Mase

18 Juil

Ce pays est doté d’une « loi pour la sauvegarde de la prospérité nationale » par laquelle il envoie à la mort un certain nombre de jeunes gens… Afin que le reste de la population redécouvre « la valeur de la vie« .

A leur entrée à l’école, tous les enfants subissent la « vaccination de prospérité nationale« .  Une seringue sur mille contient une capsule spéciale… Dont l’éclatement provoque la mort du sujet, à un moment programmé entre 18 et 24 ans. Il n’est alors informé de son destin que 24 heures avant l’instant fatidique.

Une fois le préavis de mort ou IKIGAMI reçu… Commence pour le récepteur la dernière journée de sa vie.

« Au centre de l’histoire d’Ikigami, ce sont bien ces individus qui se retrouvent du jour au lendemain privés de leur avenir. Ce qui intéresse le plus Mase, c’est la façon dont des êtres humains complexes, aux histoires personnelles étranges ou banales, décident de vivre leur dernière 24 h. passant de la violence la plus noire à la poésie la plus lyrique, leurs périples chronométrés choquent et émeuvent, tirent parfois des larmes ou suscitent un malaise étonnamment salvateur; celui de milliers de jeunes gens auxquels il faut annoncer leur mort imminente pour qu’ils prennent conscience de ce qu’est leur vie. L’Ikigami est alors un électrochoc qui les oblige à trouver rapidement  un sens à leur existence, sans réfléchir, en laissant leur sensibilité remonter à la surface. Et s’il ne survivent pas à leur découverte, nous autres lecteurs restons derrière, pour en tirer les conclusions personnelles et parfois même apprendre quelque chose sur nous même. »

« Comme toutes les grandes œuvres d’anticipation, Ikigami met en scène une société qui fonctionne, au prix d’un sacrifice éthique plus ou moins lourd.
Mais contrairement a la plupart des titres du genre, il ne s’attache pas a décrire une société exotique qui prendrait valeur de métaphore, comme c’est le cas du Minority Report de Philip K. Dick ou du Soleynt Green de Richard Fleisher. La caractéristique principale d‘Ikigami et de représenter, en substance, notre monde. A une exception près : un jeune sur 1000 doit mourir pour inculquer aux autres citoyens le goût de vivre .Une machine administrative huilée prend en charge la condamnation à mort arbitraire de ces jeunes citoyens sacrifiés pour la Nation. Et le héros de ce thriller étrange n’est pas une victime tentant de vaincre la fatalité, mais un fonctionnaire, plutôt apathique, qui vient deux à trois fois par mois livrer le préavis de mort, ou Ikigami, aux malheureux élus.

Dans l’article que lui ont consacré Motohiro Iwada et Satoshi Nakamura, et que Courrier International a retranscrit dans son numéro du 8 mars 2007 sous le titre Japon – une décadence illustrée, l’auteur Morotô Mase affirmait que , si le Japon devenait une dictature, Ikigami serait interdit. déjà encensé pour son adaptation en bande dessinée du roman Heads de Higashino, Mase peut paraître présomptueux, et pourtant, il a sûrement raison. On peut même penser qu’il serait interdit, ou au moins attaqué et vivement critiqué, bien avant quiconque remarque que des libertés fondamentales sont mises à mal. Car ce que Mase décortique dans Ikigami, ce sont les rouages d’un système à la fois choquant de cruauté et terrifiant de banalité… » J. Moneyron


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